17 juillet 2010

Bientôt, bientôt : des HISTOIRES.

De la part de Nicolas vers 18:37. 2 cri(s) du coeur , 0 rétrolien(s) et plouf


21 mai 2010

Du revers de la lune

Six ombres et demie, elle brode la tête fermée. Du doigt elle me résine une abeille. Son visage est rincé : elle n'a pas l'heure. Je un peu pour lacer le temps. Mais depuis que maintenant, elle veut pleuvoir et quitter les quatre points. Les quatre croix. Je rivière les jambes en signe de reconnaissance. Ses yeux se hurlent des métaphores tandis que raide elle se hisse au-delà de sa chaise. Elle dérange son désordre du revers de la lune. Important sa tasse, elle ne se comme avant plus. Les cordes jouent avec les doigts de lui. Il tape pédestrement l'envergure. Une ombre de plus est passée sans se retourner. Il est temps d'étreindre le récif.

De la part de Nicolas vers 18:40. 1 cri(s) du coeur , 0 rétrolien(s) et plouf
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18 mai 2010

Passer l'aspirateur, manger des épinards

L'eau a coulé sous les peaux
[ Perdre mon essence ]
Diluer l'eau dans le pétrole
Perdre à nouveau tout contrôle.

01:32 Je veux m'endormir avec le goût de thé sur le bout de la langue et des violons dans la tête. A moi les rêves sublimes qu'on n'oublie jamais ! Bonne nuit.

Aujourd’hui, que se passe-t-il ? Une guitare répète sa complainte et je renifle en beatboxant. Aujourd’hui, ça pourrait-être hier. Ca pourrait même être demain que ça ne m’étonnerait pas. Les gouttes s’écrasent dans d’autres gouttes, le ciel n’en finit plus de dégouliner. Mon nez ? Aussi. On me dit « qu’est ce que t’as ? », on me crie « Réveille-toi ». Et si je ne voulais pas ? Je remonte les couvertures jusqu’à mes yeux. Je fixe le plafond. Je fais des listes. Il faut encore : étudier ça, repeindre ci, penser à elle, écrire à lui, faire les tartines, passer l’aspirateur, manger des épinards verts bios. Chaque mot est aspiré, bouffé, fumé. Je m’étouffe en paraphrase. Venons-en au fait :

Je ne sors plus de chez moi.

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01 mai 2010

Un long dialogue avec mon écho

C'est déjà un acte de rébellion que d'être triste. Notre époque n'aime pas la rébellion la tristesse. "Allez vous pendre". Notre époque en a peur. Beaucoup d'alcool, beaucoup de fêtes et toujours les yeux perdus dans le néant. Je revendique ma déprime. Même si c'est une idée périmée.

4h du matin : Pleurer en mordant son poing.

Dans mon bain, il y avait des carapaces d'animaux morts. Des regrets se diluaient dans la mousse argentée. Mon corps blanc comme un fantôme s'évaporait dans la baignoire en gazes roses et noires. Troublé, perdu, je sombrais. Quand le bouchon sauta et que le liquide fut absorbé, j'eus l'impression d'avoir échangé un long dialogue avec mon écho. Même là, sec, je ressens un manque; un lavage non de cerveau mais d'âme ...

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27 avril 2010

Un visage d'acier

« Tu passes ta vie sur l’électronique » dit-il, lui qui comptait veiller jusque tard devant le poste de télévision, une jambe désarticulée posée sur le fauteuil et l’autre froidement pliée sur le sol. « C’est vrai ce que Maman dit » grommelle-t-il en réajustant son casque sur ses oreilles et sans doute grommelle-t-il encore, des mots abstraits encastrés dans les principes et les souvenirs qui nappent ses rêves. Elle m’a dit « Ne sois pas cruel avec ton père » mais je crois que c’est dans ma nature. Je suis d’une voracité épouvantable car frustré de subir celle des autres. On s’entre déchiquette, voilà, et ça ressemble à une orgie de sang et de cri. J’ai ce complexe, au fond de moi, qui grandit, grandit et s’empare de tout. De moi, bien sûr, mais aussi de tout ce qui est autour de moi. Chaque chose que je vois, que j’entends, que je sens, est contaminée par ce complexe. Oserais-je le nommer ? Ce nom horrible qui me déchire. Cet état inaccessible, total et pourtant superficiel. Car qu’est ce que LA RECONNAISSANCE sinon trois lignes dans un livre ? Mais comme j’en meurs, je sais que je n’y parviendrai jamais. Comment est-il possible d’avoir sombrer dans ce cliché grandiloquent, dans cette banalité affligeante ? « Tu es mainstream, il ne faut pas en avoir honte » avait-il dit une autre fois. Et moi je voulais être un poète, et moi je ne suis que Jaromil, et je ne serai jamais qu’un tas de chair et je ne deviendrai jamais trois lignes dans un livre. Une larme brûlante s’écrase sur ces mots. Il ne faut surtout pas relativiser, ce qui reviendrait à perdre la face. Mon drame est grand, troublant, violent. Je ne sais pas ce que signifie ces sigles, ni ce qu’est une phrase. J’ai même oublié ce qu’est écrire. C’est comme des ombres, c’est comme des échos. Ce n’est pas vraiment une forme ni vraiment une voix. Ce sont des représentations vagues et difformes, ce sont des fantômes. Transposez ce concept à ma vie, qui n’est en réalité qu’une projection de la vie sur une grande toile désespérément vierge. Encore une fois, les hormones l’emportent sur la raison et j’ai envie de cogner contre un visage d’acier, le visage des hommes. Le visage du monde.

26 avril 2010

Des éclats d'ombre

Lame dérisoire / Larme de rasoir

Raphaelle avait encore jeté des éclats d'ombre sur le portrait que l'on se faisait d'elle, avant de reprendre son existence qui, bien que belle et heureuse, était indifférenciable d'une autre. Encore une fois, donc, elle avait brouillé les pistes ... Mais que voulait-elle qu'on retienne ? Y avait-il un message inconscient dans ces crises identitaires ? Etait-elle une autre ? (Mystère.)

Les larmes me montent aux yeux et bientôt dégoulinent comme une averse salvatrice. Mes nerfs s'amolissent soudain et je pleure sereinement. Pas de bruit dans le déluge. A l'intérieur, c'est un orchestre de cordes qui me déchire mais au dehors, rien. Dans le silence bleu du matin, j'ai abandonné mon âme. Comme une mue, une peau morte. Comme un objet.

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22 avril 2010

Avec des miettes de pain

Et, au fur et à mesure que l'on multiplie la pensée "J'aurais fait pareil à sa place", on se rend compte de la grande et triste unicité de l'être humain, et donc de sa propre grande et triste unicité.

La fièvre me grimpe au cou. Au coude à coude avec mes envies suicidaires, elle escalade encore ma face. Mes joues sont du feux. Mes jeux sont si fous. Pianoter sur le clavier mon coeur éclaté et mes désastres lacrymales. N'est ce pas enfantin qu'attirer la pitié des autres comme une vieille femme attire les pigeons avec des miettes de pain ? Non, c'est pathétique, c'est beau, c'est ironique. Tes yeux immenses me rafraîchissent brièvement pour finalement aller papillonner ailleurs. Avec d'autres yeux. Rejet, dégoût, rage, dégaine. Ma tempe bat les secondes. J'attends. Je ne sais rien. J'attends.

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18 avril 2010

Mes plaies dans la douceur d'avril

Quelle heure est-il sous le soleil de mes 16 ans ? Et qu'importe ! Je suis heureux, je suis vivant. Volubile comme un oiseau et oisif comme un volatile, je souris et baigne mes plaies dans la douceur d'avril.

C'est important d'écrire ainsi les moments de bonheur. Se rappeler, s'enorgeuillir de leur souvenir. "Je me souviens, je lisais Kundera à la fenêtre et partout s'étendait la lumière et la chaleur." Bien sûr il a les larmes, les trottoirs et les mégots; mais que cet instant de plénitude est beau et précieux.

De la part de Nicolas vers 12:56. 0 cri(s) du coeur , 0 rétrolien(s) et plouf
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17 avril 2010

Le coq qui meurt de douleur

Je sens sur mon corps la caresse du soleil. Tout est beau, tout est bon, tout est serein. En moi, chante le bonheur que nul n'aperçoit. Aucun sourire ne me trahit; je suis un masque figé, une face de marbre. Un râle lointain me parvient et le coq hurle sa rage. J'ai envie de prendre un vélo et de m'enfuir - "On ne dit pas bicyclette, on dit vélo." - Mon coeur bat un peu moins vite, comme s'il voulait lui aussi exhaler un râle profond et, par ce biais, consoler le coq qui meurt de douleur.

Je commence à me complaire dans le silence. Tendre, admirable, rebelle silence ! Laissez leurs bouches tout déformer n'est pourtant pas aisé. Une trompette folle étouffe leurs mots qui sont projetés sur le mur de mon indifférence. Je rêve de fugue, de sang, de violence. Aucune syntaxe ne parvient à traduire ma haine. Je débite des vanités pour charmer les oreilles. Mais l'équilibre est toujours instable. Mes larmes versus leur incompréhension. Combat perdu d'avance.

Pourquoi es-tu mort ? Maintenant la rage me dévore et la haine me ravage. Je ne suis qu'une plaie béante où s'engouffre la nuit.

De la part de Nicolas vers 21:31. 0 cri(s) du coeur , 0 rétrolien(s) et plouf
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